Film américain de Ridley SCOTT
avec
Léonardo DI CAPRIO, Russell CROWE, Mark STONG
RESUME
Ancien journaliste blessé pendant la guerre en Irak, Roger Ferris est recruté par la CIA pour traquer un terroriste basé en Jordanie. Afin d'infiltrer son réseau, Ferris devra s'assurer le
soutien d'Ed Hoffman et du chef des renseignements jordaniens.
Bien que ces deux là soient censés être ses alliés, Ferris s'interroge : jusqu'où peut-il leur faire confiance sans mettre toute son opération - et sa vie - en danger ?
CRITIQUE
Ces derniers temps, le cinéma américain semble avoir choisi un nouvel axe fort qu'est la lutte contre le terrorisme venu du Moyen-Orient. Il est certain que l'actualité aide à ceci mais à force
de rabâcher les même idées, on est en droit de se demander si cela apporte quelque chose de nouveau.
Sur le papier, ce nouveau R.SCOTT n'apporte rien. On a l'impression que le réalsateur britannique s'est contenté de prendre par petits morceaux des éléments de films ayant traités auparavant de
ce même thème.
Cela ne nous surprend pas de voir que le personnage de FERRIS est quelqu'un qu'on manipule depuis les bureaux de la CIA, qu'il est livré la plupart du temps à lui-même et que si celui-ci doit
mourir, ce ne sera qu'une perte de plus pour le gouvernement américain sauf pour le personnage d'Ed HOFFMAN.
Même la critique perceptible de ce système ne nous fait plus rien car si on ouvre un minimum les yeux sur le monde qui nous entoure et qui nous gouverne aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis, il
est évident que la lutte contre les intégristes doit passer par des zones d'ombre où l'on oublie vite les mots humanité et humilité.
Bien entendu, cela est toujours intéressant de montrer comment la lute se passe mais en faire un produit marketing est nettement moins louable.
C'est un sujet qu'il est interdit de prendre à la légère et malheureusement, Hollywood semble de plus en plus s'y diriger.
Une autre chose qui me semble vu et revu est la perception que l'on a des arabes. C'est pas compliqué : soit ce sont des terroristes soit des gens bons mais avec toujours un soupçon de doute.
Le personnage du chef des renseignements jordaniens va dans ce sens du fait qu'il aide les américains tout en se servant d'eux.
C'est de bonne guerre me diriez-vous.
Sur le fond, "Mensonges d'Etat" est un cuisant échec mais sur la forme, rien à dire. Ce n'est pas étonnant quand on connaît le cinéma de R.SCOTT.
Tout est règlé comme du papier à lettre et le plaisir des yeux est décuplé. Le film ne baisse jamais aussi bien au niveau du rythme que de l'intensité.
Le réalisateur ne se gêne pas non plus au niveau de la violence, de la dureté de certaines images mais cela semble nécessaire à tort ou à raison car sans elles, on ne pourrait
comprendre la lutte contre le terrorisme.
A vous de juger.
Par rapport aux personnages incarnés avec conviction par DiCAPRIO et CROWE, ceux-ci sont assez stéréotypés. Le personnage de HOFFMAN me fait penser à celui de REDFORD dans "Spy Game". Il agit à
la fois comme une aide et un obstacle jusqu'à ce qu'il décide que tout est finit au risque de perdre son agent.
Il en est de même pour le personnage de FERRIS qui du fait qu'il soit sur le terrain, ait une approche beaucoup plus pragmatique du problème d'où ces incompréhensions sur le travail de HOFFMAN.
"Mensonges d'Etat" aurait pu apporter un plus sur les interrogations que se pose le public sur cette lutte contre le terrorisme mais il en est rien.