Film français de Laurent HERBIET (2006)
avec
Olivier GOURMET, Robinson STEVENIN, Cécile de FRANCE, Bruno SOLO, Eric CARAVACA

HISTOIRE
1995, Paris. Le colonel en retraite Roaul DUPLAN est retrouvé chez lui une balle dans la tête. Une lettre anonyme est envoyée aux enquêteurs : "Le colonel est mort à
Saint-Arnaud".
1957, Saint-Arnaud en Algérie : un jeune officier juriste, Guy ROSSI, prend ses fonctions auprès du colonel DUPLAN. La machine des pouvoirs spéciaux ainsi que la torture se mettent en place.
Elle fera du juriste un bourreau et rattrapera DUPLAN quarante ans plus tard.

CRITIQUE
Il est rare dans le cinéma français que l'on parle d'un
sujet aussi délicat que la guerre d'Algérie et des agissements de l'armée française. C'est donc avec un certain intérêt que j'ai découvert ce film français passé inaperçu en salle lors de sa
sortie.
Je dois dire que j'ai été agréablement surpris devant la qualité de ce long métrage de Laurent HERBIET. Surpris car je ne m'attendais pas à une critique aussi virulente sur le pouvoir de
l'armée pendant cette période trouble que fut la guerre d'Algérie. On découvre avec effroi les méthodes employées, en l'occurence la torture condamnée au départ par le colonel DUPLAN (O. GOURMET
impressionant) mais qui finallement donnera son accord afin de mettre fin au FLN. Les scènes de tortures sont d'ailleurs assez dur à encaisser.
Ce qui est également fort intéressant dans "Mon Colonel", c'est l'étude des personnages principaux à commencer par le colonel DUPLAN. Celui-ci est partagé entre deux sentiments : l'un correspond
au militaire qui éxécute les tâches au pied levé et l'autre, à l'homme avec ses questions, ses doutes sur le bien fait des actions à éxécuter.
Vient ensuite l'officier ROSSI, parachuté dans l'enfer de la guerre d'Algérie. Lui arrive avec son idéal à savoir que dans n'importe quelle guerre, il ya des règles à respecter et que celles-ci
ne peuvent être bafouées. Tout le long du film, ROSSI tente de savoir quelle attitude il faut adopter devant la situation, si passer les règles le rendront meilleur mais au final, il n'en saura
guère.
Le réalisateur ne donne pas l'impression de juger ses hommes, il dénonce plus le système car ces hommes ne sont que des pions finallement.
Bien entendu, certains protagonistes comme le comissaire de police (B.SOLO) sont des gens sans scrupules qui ne voit qu'en l'arabe, un être inférieur par rapport aux français et certaines scènes
montrent bien cette mentalité comme celle par exemple lors de l'attentat à la bombe. La réaction des français est immédiate : ils se jettent sur les algériens présents et les frappent au sol
jusqu'à ce qu'ils en meurent.
Ceux qui ont vu le film diront peut-être que le réalisateur n'a pas montré les atrocités faites également par le FLN mais ce n'est pas le but.
Ici, il est question de l'armée française, de ses actes. Pour ma part, je trouve courageux la volonté de L.HERBIET de parler de cette période et d'en faire un film sans concession. Il a brisé un
sujet tabou de la société française au cinéma et cela ne peut être que salué.
Vous l'aurez compris, je vous conseille fortement de voir ce film. Il fait aussi mal que "L'ennemi intime", l'autre grand film sur la guerre d'Algérie et ses atrocités.
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