Mercredi 30 avril 2008

Film français de Jean-Paul ROUVE
avec
Jean-Paul ROUVE, Gilles LELLOUCHE, Alice TAGLIONI

Sans arme, ni haine, ni violence

HISTOIRE
Obscur photographe, Albert SPAGGIARI décide de faire le casse du siècle d'une banque de Nice.
Il est arrêté puis s'évade depuis le bureau du juge et s'enfuit à l'étranger avec sa compagne.
Un journaliste le retrouve.

Sans arme, ni haine, ni violence

CRITIQUE
L'histoire de SPAGGIARI est digne d'un film de cinéma et J-P ROUVE l'a bien compris pour sa première réalisation en tant que cinéaste.
SPAGGIARI est un véritable comédien. Il raconte son exploit avec tant de spectacle, de naturel mais au fond de lui, il sait que les gens croient qu'il n'est qu'un clown et même s'il ne le dit pas, cela le touche. Il veut être considéré comme le n°1, être respecté pour ce qu'il a fait.

SPAGGIAIR dépense sans compter sachant très bien qu'il ne vit que grâce à sa femme mais il ne peut s'empêcher de montrer au faux journaliste qu'il vit dans le luxe, qu'il connaît les puissants d'Amérique du Sud. On a l'impression qu'il vit comme dans un rêve d'enfants avec ses jouets, ses désirs  alors que finallement, tout ceci n'est que pacotille.

J-P ROUVE a parfaitement su retranscrire cette impression. Il incarne avec élégance, humour mais aussi tendresse un cambrioleur non pas gentleman mais sincère sachant que sa vie ne pourra se résumer à une cavale perpétuelle car son envie de revenir en France est plus fort que tout.

J-P ROUVE construit très bien son film grâce à un scénario finement écrit où le rythme ne tombe jamais. Ceci grâce aux différents flashbacks qui nous permettent de cerner un peu plus la personnalité de SPAGGIARI, son parcours de petit photographe jusqu'au case de la banque.

G. LELLOUCHE et A.TAGLIONI sont impeccables dans leur rôle et font partie intégrants de la réussite totale de ce premier long métrage.

Pour son premier film, J-P ROUVE fait preuve d'une maîtrise bluffante en espérant que son prochain film sera du même calibre.

 Sans arme, ni haine, ni violence - Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve 


par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Vos critiques de cinéma
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Mardi 29 avril 2008

REC

Film espagnol de Jaume BALAGUERO et Paco PLAZA
avec
Manuela VALASCO, Ferran TERRAZA, Jorge YAMAN


[Rec]

HISTOIRE
Une journaliste de télé et son caméraman font un reportage sur une caserne de pompiers en Espagne. Après l'appel au secours d'une vieille dame, ils décident de suivre les soldats du feu dans leur intervention.

[Rec]

CRITIQUE
A en croire la presse spécialisée ainsi que les nombreux blogs, "REC" est LE film de la peur ultime qui retourne n'importe quel spectateur. 
Aimant le cinéma de genre, je me suis donc précipité dans une salle de cinéma pour pouvoir en juger par moi-même.
Résultat : beaucoup de superlatifs pour un film mi-figue mi-raisin.

"REC" n'est pas en soi un mauvais film d'horreur. La tension est palpable tout le long du film, il est vrai que la sensation de malaise est présente du fait qu'on se retrouve à la place du caméraman, le spectateur est l'oeil de la caméra. 
L'impression que tout ceci est vrai, qu'on est en pleine réalité en est pour beaucoup. De ce côté là, "REC" est une réussite à n'en point douter.

Pourtant, si on creuse en profondeur, "REC" ne révolutionne pas le genre à commencer par cette soi-disante peur qui est présente du début à la fin. 
Pour ma part, la peur, je l'ai seulement eu lors des 10 dernières minutes lorsque la journaliste et le caméraman se retrouve seuls alors que tous les occupants de l'immeuble sont devenus des monstres.
Personnellement, je trouve que le traitement de la peur par les deux réalisateurs est assez limité, ils ne font que recopier des recettes que l'on connaît depuis bien longtemps.

J'ai lu ici et là que si on avait aimé "Blair Witch", on aimerait sans hésiter "REC". C'est totalement faux car selon moi, ce qui fait la force de "Blair Witch", c'est que la sensation de peur, de malaise se fait à travers des sons, des bruits mais dont on ne sait d'où ils viennent, d'où ils proviennent et à qui ils appartiennent.

"REC" utilise la peur comme tout film d'horreur/d'épouvante mais il fonctionne sur un schéma dont on connaît la logique.
L'effet de surprise n'éxiste pas, on sait que le policier va se faire mordre par la petite fille, que la vieille dame pleine de sang va se jeter sur l'autre policier quand celui-ci s'approchera de trop près.

En y regardant bien, "REC" est un film d'horreur qui est je le reconnais réussi sur la forme (action vu par la caméra du caméraman) mais mis à part ça, je ne vois pas en quoi ce film est la nouvelle référence.
    
Même si "REC" n'équivaut en rien à "Ring" et à "Blair Witch" au niveau du ressenti de la peur que l'on peut avoir au cinéma, saluons le cinéma espagnol qui tente d'amener un souffle nouveau au cinéma de genre européen.

[Rec] - Manuela Velasco

par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Vos critiques de cinéma
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Vendredi 25 avril 2008

Documentaire américain de Heidi Ewing et Rachel GRADY (2007)


"JESUS CAMP" est un documentaire terrifiant sur l’évangélisme aux Etats-Unis ; une Eglise qui attire près de 80 millions de fidèles, dont George W. Bush.

J'ai découvert ce doc cette semaine sur la chaîne Canal +. J'en avais entendu parlé et je dois dire que je ne regrette pas de l'avoir visionner.
Comme il est dit dans le résumé ci-dessus, ce qui y est dit et montré fait froid dans le dos et ces personnes sont aussi dangereuses que ceux se servant de l'Islam. Ce ne sont ni plus ni moins que des fanatiques prêts à sacrifier la jeunesse au nom de Jésus.

D'ailleurs, ce documentaire se focalise principalement sur l'endoctrinement que l'on fait subir à ces enfants dès le plus jeune âge et ceci commence avec leurs parents (des fous de Dieu) puis dans des "camps" où on les entraîne à devenir les futurs évangélistes qui sauveront l'Amérique de ses démons mais également le monde entier.

Le personnage central de ce documentaire se nomme Becky. Cette femme est celle qui a créé ce camp qu'on pourrait comparer à un hôpital psychatrique. Elle prône un discours des plus effroyables, des plus ignobles où le sens de la morale n'a pas sa place. Pour elle, tous ceux qui n'adhèrent pas à son discours, qui regardent Harry Porter ou qui sont musulmans ne méritent pas d'être sur cette Terre et pour punir tout cela, elle peut compter sur son armée de petit soldat prêt à tout pour défendre sa cause.

Jesus Camp
Ce qu'il me semble le pire dans cette folie, c'est de voir les enfants auxquels on vole leur jeunesse, leur vie. En les voyant, la seule idée qui me passait par la tête était d'aller dans ce camp pour aller "libérer" ces gamins et leur faire ouvrir les yeux sur le monde, sur la réalité qui les entoure et de leur faire comprendre qu'il peut y avoir des choses belles, des gens bien qu'ils soient croyants ou non, musulmans, homos.
Malheureusement, quand les enfants parlent à la caméra, ce qu'ils disent nous laisse peu d'espoirs.

Il y a un autre aspect assez incroyable, c'est l'influence que peut avoir ces évangélistes sur la politique du pays en l'occurence les Etats-Unis. Ils savent qu'ils ont un poids électoral qui peut faire beaucoup de mal sur des sujets hyper sensibles dont le plus virulent est sans aucun doute l'avortement.
D'ailleurs, pour les évangélistes, BUSH est leur guide et la scène avec l'effigie du président américain où les enfants le touchent comme s'il était un saint est terrible. En fait, il n'y a pas vraiment de mot assez fort pour retranscrire cette vision.

Si vous aimez les docs qui dérangent, qui remettent en question ; jettez-vous sur celui-ci, vous ne serez pas déçu.
 
Jesus Camp

  
par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Vos critiques de cinéma
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Mardi 22 avril 2008

Film français/américain de Erick ZONCA
avec
Tilda SWINTON, Saul RUBINEK, Kate DEL CASTILLO

Julia

HISTOIRE
Julia, séductrice et grande gueule a de plus en plus de mal à cacher son alcoolisme et finit par perdre pied.
Une rencontre l'entraîne dans un engrenage infernal qui l'amène à kidnapper Tom, un enfant de huit ans. Commence alors une fuite sans issue à travers le sud des Etats-Unis et qui les conduira jusqu'au Mexique.

Julia - Tilda Swinton

CRITIQUE
Pratiquement 10 ans se sont écoulés depuis le dernier film d'E.ZONCA. Alors, quand arrive sur nos écrans "Julia", on se demande ce qu'a bien pu nous concocter le cinéaste.

Comme dans ces prédédents films, ZONCA s'intéresse au destin d'un ou de peronnages qui semblent ne plus rien attendre de la vie mais qui tentent de s'y accrocher par n'importe quel moyen quitte à jouer avec leur vie.
Le personnage de Julia magnifiquement interprété par T.SWINTON est de ceux-là sauf que contrairement à ceux de "La Vie rêvée des Anges" et du "Petit Voleur", elle en est l'unique responsable. 
Son alcoolisme, son attitude envers les autres, sa maladresse ne sont pas la faute de la société ou de je ne sais quoi, c'est bien elle qui en a décidé ainsi.

Quand vient l'affaire du kidnapping, l'antipathie que l'on a du personnage ne va pas en s'arrangeant. Elle ment à la mère qui elle croit naïvement en la sincérité de Julia. Mais cette femme ne connait pas l'honneteté et parce qu'elle croit que la vie est responsable de son malheur, elle se sert de l'enfant pour avoir droit à un nouveau départ.

Pourtant, au fil de l'histoire, on s'attache à cette femme car lorsqu'arrive le Mexique, la situation va commencer à lui échapper, elle va comprende que tout ce qu'elle avait planifier ne se passera pas comme prévu. 
Sa vie est en danger et elle n'a personne pour qui lui venir en aide. Elle qui croyait qu'elle n'avait besoin de personne se retrouve planté ne sachant que faire.

E.ZONCA filme cette cavale de manière très juste. Sa réalisation est soignée et en raccord total avec l'ensemble du film.
Sa caméra ne lâche pas une seconde le personnage de Julia et en capte les moindres émotions, interrogations que se posent son héroïne.
Il en va de même pour les lieux que ce soit le night-club, les ruelles de Tijuana ou la gare, tout y est filmé avec justesse et talent.

 Il aura fallu attendre longtemps mais quand on voit le résultat de "Julia", que dire.

 Tilda Swinton - Julia
    

par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Mardi 22 avril 2008

Film mexicain de Rodrigo PLA
avec
Daniel GIMENEZ CACHO, Maribel VERDU, Carlos BARDEM

La Zona, propriété privée

HISTOIRE
Mexico.
Trois adolescents des quartiers pauvres pénètrent dans l'enceinte de La Zona, une cité résidentielle aisée, entourée de murs et protégée par un service de sécurité privé. Ils s'introduisent dans l'une des maisons, mais le cambriolage tourne mal.
Plutôt que de prévenir les autorités, les résidents décident de se faire justice eux-mêmes. Une chasse à l'homme sans pitié commence.

La Zona, propriété privée

CRITIQUE
Le cinéma mexicain nous assène un uppercut digne de Mike TYSON dont nous ne sommes pas prêt de nous relever de si tôt.

Avec "La Zona", on se trouve plongé dans un monde où la peur de l'extérieur, le prix de la vie, la corruption ne font qu'un. 
Parce que le monde extérieur fait peur, les puissants ou du moins ceux qui ont réussi socialement se regroupent en une comunauté protégée par des hauts murs et des caméras. Mais cette obsession de la sécurité ne s'arrête pas là : eux-mêmes font leur loi et la police n'a pas on mot à dire.
Quand une personne de la communauté se fait tuer et que le soi disant tueur est toujours dans la Zona, l'assemblée n'a qu'une idée en tête : la vengeance et celle-ci ne peut se faire que par la mort de ce dernier même si ce n'est qu'un enfant qui n'a pas la chance de vivre dignement.

Dès lors, les habitants de la Zona se transforment en des escadrons de la mort et la chasse à l'homme ne fait que commencer.
Comme il a été dit précedement, la police n'est pas la bienvenue et tout est fait pour empêcher que celle-ci vienne mettre son nez dans cette affaire.
Les habitants de la Zona se comportent comme de véritables assassins et menteurs car au lieu de donner les corps des 2 autres voleurs à la police, ils préferent les cacher dans des sacs poubelles car c'est leur autonomie qui pourrait être remise en question.
Leur forteresse tomberait comme un jeux de cartes et ça, c'est impensable pour eux.

Le pire intervient à la fin où policiers et habitants de la Zona s'entendent sur un prix pour d'un côté faire taire le témoin et de l'autre éxécuter le jeune garçon .
Finallement, la Zona renferme des gens qui ne sont que le reflet de ce qui se passe à l'extérieur. Ils font aussi peur que la faune des grandes villes et sont prêts à tout pour leur "survie" même si cela doit passer par le massacre d'un innocent.

Bien entendu, on peut toujours dire que le message de ce film n'a rien de nouveau mais au moins, il a le mérite d'éxister et rien que ça, c'est déja beaucoup.

La Zona, propriété privée 

par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Vos critiques de cinéma
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Samedi 5 avril 2008

3h10 pour Yuma - Affiche américaine

HISTOIRE
Dan Evans a établi sa famille dans un ranch. La sécheresse a ravagé ses terres, décimé son troupeau et miné la considération que lui portent sa femme et ses enfants, en particulier son aîné Will, âgé de 14 ans.
A la suite d'une attaque de diligence, le célèbre bandit Ben Wade passe par la ville de Bisbee où il est arrêté avec le concours fortuit de Evans. Recherché pour ses hold-up et ses meurtres répétés, Wade doit être convoyé vers Contention, à trois jours de cheval, pour embarquer sur un train à destination de Yuma, où se trouve le tribunal fédéral.
Contre une prime qui peut sauver son ranch, Dan Evans s'engage dans l'escorte qui doit accompagner le dangereux criminel.


CRITIQUE
Les westerns se faisant rare au cinéma de nos jours, la sortie de "3:10 pour Yuma" était l'occasion de nous replonger dans un genre dont le dernier grand classique fut "Impitoyable" de Clint EASTWOOD.

Le western est un genre à part qu'il est difficile à moderniser tant ses codes, ses règles, ses bases sont ancrés dans le marbre.
A la vision du film de J.MANGOLD, ce constat en devient flagrant et le résultat est mi-figue mi-raisin.

Les éléments les plus décevants au sein de "3:10 pour Yuma" sont la personnalité du personnage de Ben WADE ainsi que la fin de film.
Je trouve que le personnage de WADE est assez symptomatique des méchants que nous offre en ce moment le cinéma américain. Des personnages dont le discours s'appuie dans une certaine mesure sur la religion alors qu'eux même sont loin d'être des saints. Mais le pire dans tout ça, c'est que derrière cette carapace, se cache apparement des êtres qui puvent avoir du bon en eux.
Cette vision est assez plate, à quand le retour à de vrais méchands comme jadis, sans moral, se moquant du monde qui les entoure.

Cette vision du nouveau méchant correspond parfaitement avec la fin assez ridicule de "3:10 pour Yuma". En une phrase, D.EVANS convainc WADE de le laisser le mettre dans le train.
Mais le pire de tout, c'est la réaction de WADE quand EVANS se fait descendre par les hommes de main du bandit. 
On ne croit pas trop à tout ceci, à cette humanité qui sort de la bouche de WADE et au fait qu'il abatte ses hommes de mains.
L'humanité n'a pas de place chez ses hommes alors pourquoi faire croire à ceci ?

Il y a autrre chose qui déroute est l'absence de silence qui en dit plus long dans le western que des discours insipides et sans intérêts.
On ne retrouve pas ces tensions palpables qui font tant le charme du western avec seul le bruit de la brise qui vient perturber ce moment où l'on sait que quelque chose va se passer.

Pourtant, "3:10 pour Yuma" a des qualités indéniables comme la qualité de l'interprétation, l'attaque de la diligence, la beauté des paysages mais J.MANGOLD a voulu moderniser un genre qui ni s'y prête guère.   

par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Vos critiques de cinéma
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Mercredi 26 mars 2008

Film français de Thomas VINCENT
avec
Clovis CORNILLAC, Marie-Josée CROZE, Dominique REYMOND, Gilles COHEN

Le Nouveau protocole

HISTOIRE
Raoul Kraft vit seul dans son exploitation forestière. Un matin, il apprend la mort de son fils de 18 ans dans un accident de voiture. Un drame banal, conclut la gendarmerie. Mais une jeune femme, Diane, arrive de Paris, pour lui révéler des informations troublantes. Cet accident n'en est peut-être pas un. Elle parle de laboratoires pharmaceutiques, de médicaments expérimentaux. Son fils participait à un protocole médical. Il testait un nouveau médicament, les effets secondaires pourraient être à l'origine de sa mort.
Kraft a du mal à y croire, mais décide de monter à Paris pour en savoir plus. La suite des événements semble donner raison à la jeune altermondialiste. Poursuites, agressions physiques, coups de feu, ils doivent prendre la fuite... sans pour autant abandonner leur enquête.
Avec l'aide de Diane, Kraft va quitter le monde simple qui est le sien pour celui du "Nouveau protocole". Un monde où la vérité n'est jamais là où on l'attend.

Le Nouveau protocole - Clovis Cornillac et Marie-Josée Croze

CRITIQUE
Pour une fois que le cinéma français osait s'aventurer dans le genre du thriller politique, quoi de plus normal de vérifier si on se trouve en face d'une oeuvre coup de poing comme l'a été "The Constant Gardener", autre film dénonçant le pouvoir des multinationales pharmaceutiques et de leur pratique plus que douteuses.

On a bien une dénonciation de l'industrie pharmaceutique et de ses tests sur des populations dont le monde se soucie peu. Le générique du début nous le fait bien comprendre comme le dernier plan du film d'ailleurs. 
On préfère prendre des cobayes humains de pays sous-développés avant de continuer les protocoles "officiels" sur des gens à priori plus résistants car étant de pays développés. L'hypocrisie est totale car l'argent, la masse financière est plus important que tout.

Le combat de ce père pour découvrir la vérité sur les circonstances de la mort de son fils est un peu le reflet de ces hommes et de ces femmes qui tentent de faire réveiller les consciences, de bouger les choses malgré des moyens que l'on peut qualifier d'obsolètes face à l'énorme machine qu'est l'industrie pharmaceutique.

Mais comment croire en de telles choses qui nous paraissent impossible à notre époque ? C'est bien le point de vue du père au début du film. 
Comment faire confiance à des gens comme Diane qui ne vous disent pas tout sur elle mais qui d'un autre côté connaît beaucoup de choses qui pouraient vous aider à découvrir ce que vous recherchez ?
Le personnage de C.CORNILLAC veut la vérité mais pour cela, il doit faire confiance.

Certes, "Le nouveau protocole" s'attaque au problème de l'industrie pharmaceutique mais contrairement à "The Constant Gardener" qui fouillait véritablement ce problème de pouvoir pouvant faire ce qu'il veut, "Le nouveau protocole" se sert de ce thème pour nous livrer un film porté sur l'action, sur une course poursuite constante d'un père prêt à tout pour comprendre la mort de son fils.

Ceci n'est pas péjoratif. On a droit à un long métrage nerveux, sans temps mort qui en même de nous distraire, nous donne à réfléchir sur le monde qui nous entoure.

Dans le rôle du père meurtri cherchant la vérité, C.CORNILLAC est tout à fait crédible comme sa partenaire M-J.CROZE qu'on aimerait voir plus souvent sur les écrans. 

Le Nouveau protocole - Clovis Cornillac

par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Vos critiques de cinéma
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Mardi 25 mars 2008

Film américain de Wes ANDERSON
avec
Adrien BRODY, Jason SCHARTZMAN, Owen WILSON
A bord du Darjeeling Limited

HISTOIRE
Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l'Inde afin de renouer les liens d'autrefois.
Pourtant, la "quête spirituelle" de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert.

A bord du Darjeeling Limited - Jason Schwartzman, Adrien Brody et Owen Wilson

CRITIQUE
Wes ANDERSON n'est pas prêt de nous décevoir. Son nouveau film est un petit bijou universel car tout le monde sur cette planète peut se reconnaître dans ses personnages. 
Le réalisateur a cette faculté de subjuguer des histoires à priori maints fois vue au cinéma par une inventivité, une ingéniosité sans égal aussi bien au niveau de la réalisation que du scénario.

"A bord du Darjeeling Limited" nous invite au voyage grâce à ce train et son périple à travers l'Inde. Ce pays qui attire tant va agir comme un déclencheur dans la conscience, les certitudes des trois frères.
De ses trois personnages, aucun ne fait vraiment attention à l'autre, trop occupé à penser à lui-même et quand l'un ou l'autre décide de parler, le résultat est pour le moins assez frustrant. 
En effet, on préfère écarter de la confidence l'initiateur de ce périple et lorsque celui-ci se met à l'écoute, il ne se gêne pas avec des paroles qui ont le mérite de montrer le malaise profond qui habite nos trois protagonistes.

Mais W.ANDERSON nous parle de ceci avec un humour frais, décalé. Un humour qui nous fait rire non pas bêtement mais intelligement car ses personnages peuvent très bien être vous et moi.
Des gens qui sont au croisement de ce qu'ils cherchent, de ce qu'ils veulent et qui ont trop attendu à force de se regarder le nombril.

Le Darjeeling Limited Le Darjeeling Limited est le symbole même de tous ses non-dits entre frères, de tous ses silences qu'ils n'ont jamais oser ou voulu se dire, de ses malaises.
Mais quand Francis, Peter et Jack se retrouvent seuls, en dehors du train, les choses vont évoluer petit à petit et chacun acceptera l'autre et aura les réponses à ses propres questions.

Comme il a été dit au début, W.ANDERSON a soigné sa réalisation comme toujours d'ailleurs. Il n'est pas contre à mettre des images au ralenti qui se superposent parfaitement avec la musqiue et l'instant de la scène.
En fait, le réalisateur opte pour une mise en scène originale, innovante à l'image de son film.
Il démontre par la même occasion que même si l'histoire, le thème du film est "classique", on peut rendre tout ça unique avec un univers qu'on trouve nul par ailleurs.

W.ANDERSON nous offre un bol d'air frais dans ce monde où tout ne semble pas tourner rond.

A bord du Darjeeling Limited - Jason Schwartzman, Adrien Brody et Owen Wilson

par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Mercredi 19 mars 2008

Film français d'Olivier MARCHAL
avec
Daniel AUTEUIL, Olivia BONAMY, Gérald LAROCHE, Catherine MARCHAL

Affiche-MR-73.jpg

HISTOIRE
Un tueur en série ensanglante Marseille. Louis Schneider, flic au SRPJ, mène l'enquête malgré l'alcool et les fantômes de son passé. Le passé resurgit aussi pour Justine. 25 ans plus tôt, ses parents ont été sauvagement assassinés par Charles Subra. Schneider l'avait alors arrêté. Mais aujourd'hui, par le jeu des remises de peine et pour bonne conduite, Subra sort de prison. 
Cette libération anticipée va alors réunir Schneider et Justine, deux êtres qui tentent de survivre au drame de leur vie.

MR-73.1.jpg

CRITIQUE
Après le très réussi "36 quai des Orfèvres", on était en droit d'atteindre d'O.MARCHAL un film à la hauteur de nos espérances. Peut-être trop d'ailleurs car "MR 73" est une grosse déception et cela est fort dommage car le potentiel était là mais mal exploité.

Tout d'abord, le principal défaut selon moi vient de la lenteur du film. Le réalisateur s'attarde beaucoup trop sur des détails qui certes, apportent des explications au film mais le fait de les rappeler un nombre incalculable de fois dérange plus qu'autre chose.
Exemple : le personnage de Schneider qui vit dans l'alcool et le cauchemar de l'accident de sa femme et de sa fille. Ceci est indispensable à l'histoire mais montrer cet homme toujour en train de boire, de pleurer en devient fatiguant. 
Il en est de même concernant la fin que le réalisateur ne cesse d'allonger. Par moment, pour que l'émotion soit palpable, il faut mieux faire court, brut que de se lancer dans une soi disante recherche artistique ou sentimentale.
Pour être clair, ce film est un poil prétentieux au niveau de la psychologie des personnages et de sa manière de les faire apparaître à l'écran.

Cela est triste de voir que seul le personnage de D.AUTEUIL (excellent comme à chaque fois) ait été vraiment développé. Cet homme ne croit plus en rien, sa vie n'est qu'enfer et sa seule véritable destinée est de rejoindre ceux qu'il a perdu. 
Mais avant de faire le pas, il doit finir ce qu'il a comencé.
Les autres personnages surtout celui de Justine est assez transparent et le lien même s'il est évident avec Schneider est très peu mis en avant.
En fait, le véritable lien entre eux est que la mort a brisé leur vie.

De ce drame, O.MARCHAL veut nous le faire passer par les lumières, les cadres, l'ambiance comme un Seven mais ceci n'est pas une assurance de qualité à tous les coups.
Le choix des lumières est dans l'ambiance assez reussies, elles montrent bien dans quel état se trouve Schneider mais certaines scènes sont indigestes comme par exemple celles entre Schneider et sa femme. Ce blanc flashant est horrible, on se demande où on est.

Pour revenir au scénario et à ses faiblesses, il faut noter également tous ces flashback incessant qu'on revoit et revoit. Les voir une fois suffit amplement pour comprendre la douleur que doivent supporter les personnages de Schneider et Justine. 
En plus, ces éléments ralentisent le tempo du film qui n'est déja pas très rythmé. Il manque à "MR 73" des montées, des descentes.

Même si ce film est inspiré de faits réels, la fin est plus de la surenchère qu'autre chose. Que Schneider veuille quitter ce monde avec sa femme pour "rejoindre sa fille" peut encore passer. 
Par contre, sa vendetta personnelle contre le flic est pour moi du n'importe quoi, je pense qu'O.MARCHAL a poussé le vis un peu loin.
 
En gros, "MR 73" est un film sans punch, sans vie.

MR-73.2.jpg



 

 

par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Vos critiques de cinéma
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Mardi 18 mars 2008

Film français, canadien de Christophe GANS (1995)
avec
Mark DACASCOS, Tchéky KARYO, Julie CONDRA



HISTOIRE
Emu O'Hara, jeune peintre, est temoin du meurtre d'un gangster japonais sur les hauteurs de San Francisco. Le meurtrier, un elegant et beau jeune homme, verse une larme de remords. Cette marque d'humanite n'echappe pas a la jeune femme qui se sent depuis l'enfance responsable de la mort tragique de ses parents. De retour a Vancouver, Emu est devenue un temoin capital que se disputent la police et le puissant chef yakuza Shimazaki, pere du gangster execute par Crying Freeman.

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CRITIQUE
Pour son premier long métrage, C.GANS s'attaquait à un exercice pas évident : l'adaptation live d'un manga assez culte au Japon. 
En plus, on pouvait se poser la question suivante : comment la vision d'un réalisateur occidental pouvait s'imbriquer avec une culture asiatique ?
Bien entendu, "Crying Freeman" n'est pas un film sur la culture asiatique proprement parlé mais ceci n'empêche que cette entreprise n'était pas gagnée d'avance pour le réalisateur français.

A la vision du film, on ne peut que saluer la réussite de cette adaptation qui rend hommage aux films de J.WOO et consorts mais aussi aux yakuzas.
C.GANS ne lésine pas sur les scènes de gunfight avec des ralentis à chaque fois bien placés pour augmenter la sensation de fureur, de violence.
La caméra est toujours placée de manière juste, le spectateur ne perd rien de ce qui se passe. Tout s'enchaîne, on ne compte pas de véritable temps mort même quand le rythme peut sembler s'essoufler.

Même si l'action est reine, le réalisateur n'oublie pas de mettre en valeur les comédiens et en particulier M.DACASCOS, impecable en Freeman. Il est sobre, efficace et il a cette beauté tant redoutable. Sa ressemblance avec le personnage du manga est assez saisissante tout comme sa partenaire J.CONDRA.
 
Vous allez sûrement me dire que le scénario est assez banal. Vous avez peut-être raison mais malgré tout, je le trouve plutôt abouti mais je reconnais que ce qui fait la force de "Crying Freeman" est tout d'abord son univers, son ambiance propre au cinéma d'action hong-kongais.

Avec "Crying Freeman", C.GANS démontrait une maîtrise qui ne demandait que confirmation. On y aura droit par la suite.

par thibault pétolat publié dans : Critiques communauté : Vos critiques de cinéma
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